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Mes bottines Emling

Essai de patine

vendredi 14 décembre 2007, par Zaphod

Le patinage artistique : on rentre là dans le domaine de l’art et de l’expérience, et il faudrait dédier plusieurs pages à ce sujet. Illustration par l’exemple.

La patine artificielle la plus simple à réaliser consiste, sur une chaussure claire, à foncer les endroits dont on ne veut pas qu’ils soient patinés avec de la crème de couleur plus foncée (ne pas oublier que la patine est censée simuler la décoloration due au frottement : les zones patinées sont donc normalement plus claires, et sur les parties convexes de la chaussure (bout, côté, quartiers)).

Partir de chaussures foncées est nettement moins simple, car il faut soit :

* simuler la patine naturelle en éclaircissant la chaussure aux endroits où la patine est censée apparaître, et, pour le patinage artistique, reteinter d’une autre couleur généralement plus claire, ou

* éclaircir toute la chaussure, teinter complètement de la couleur désirée pour la patine (couleur claire), teinter une deuxième fois avec la couleur définitive (couleur plus foncée, pas forcément de même tonalité), puis enlever la teinture foncée pour retrouver la première couche de couleur claire aux endroits désirés (bout, par exemple). Marc Guyot fournit un superbe exemple illustré sur son site web.

Quelque soit ce que l’on veut faire, dans les cas où l’on veut éclaircir ou modifier la couleur d’une partie de la chaussure, il faut commencer par enlever la couche de cire (cirage) à la térébenthine ou à l’acétone. Pour éviter les auréoles, il vaut mieux passer toute la chaussure à l’acétone, plutôt qu’uniquement la partie à éclaircir.

Voici un petit exemple personnel sur les bottines Emling achetées en soldes : Bottines Emling neuves (la chaussure droite est glacée).

Sur la photo ci dessous, on voit la chaussure droite après décapage à l’acétone, en insistant sur les parties à éclaircir (au goût de chacun).

Si l’application de térébenthine ou d’acétone n’a pas déjà suffisamment éclairci la chaussure, appliquer de l’eau écarlate coupée d’un peu d’eau (non écarlate) ou de l’eau de javel diluée (plus agressif), en tamponnant, tout en essayant de ne pas trop abîmer la fleur. Ensuite, (très important) rincer très très abondamment à l’eau : s’il reste des traces de javel ou d’eau écarlate, le cuir continuera à blanchir, même après application de la patine.

Une fois le cuir suffisamment rincé et séché, ne pas passer de crême incolore :

* Pour reteindre à la crème, passez de la crème colorée sur la chaussure décapée. Certains recommandent de commencer par passer du rénovateur à l’huile de vison incolore (Saphir, par exemple) avant la crème, pour soigner la fleur après le traitement subi, mais alors, il faut prendre de la crème contenant aussi de l’huile, comme la version Médaille d’Or de la crème surfine Avel. Une crème en phase aqueuse (crème surfine standard Avel, par exemple) elle ne tiendra pas sur le cuir devenu gras.

* Si vous voulez teindre à la teinture (et pas à la crême colorée), allez-y directement.

Ne pas oublier de prendre la crème ou la teinture toujours plus claire que le résultat voulu. En ce qui concerne la teinture, il semble y avoir consensus sur la teinture Avel "aux drapeaux".

Après obtention de la patine désirée, cirage et glaçage. Facile, non ? Mais pour commencer, il vaut tout de même mieux s’entraîner avec une paire de chaussures ordinaires...

Sur les Emling décapées ci-dessus, j’ai passé de la crème rouge vif sur les parties éclaircies à l’acétone, et un mélange de crème noir/marron sur les parties foncées. Voici le résultat après glaçage (qui correspond à ce que je voulais, mais qui peut ne pas être du goût de tous) :

Résultat de la patine après glaçage... C’est une patine effectuée à la crème seulement (pas à la teinture).

Et voici donc la comparaison avant/après :

Résultat de la patine après glaçage... C’est une patine effectuée à la crème seulement (pas à la teinture).

Petite astuce pour garder des parties claires : si vous passez de la pâte uniformément sur les parties teintes à la crème, votre belle patine va disparaître, car la térébenthine présente dans la pâte va dissoudre la crème foncée, et l’emmener sur les parties claires. Résultat, vous aurez une belle chaussure bien homogène.

Pour conserver des parties claires (comme ci-dessus), il faut commencer par cirer et glacer les parties foncées uniquement. Le glaçage protégera la crème foncée de la térébenthine contenue dans la pâte, et dans un deuxième temps, vous pourrez glacer les parties claires, sans que la crème foncée ne vienne baver sur les parties claires.

Dans l’exemple ci-dessus, j’ai voulu conserver des frontières relativement franches pour affiner le bout par effet d’optique, en donnant l’impression visuelle que le bout droit est moins rond qu’il ne l’est réellement. Mais pour ceux qui veulent réaliser un beau dégradé, glacez dans un premier temps les parties les plus foncées, mais sans aller jusqu’au bord de la partie foncée. Dans un deuxième temps, glacer la frontière foncée/claire (mais sans mordre sur la partie bien claire) ce qui aura pour effet de créer un dégradé (grâce à la crème foncée qui bavera sur la frontière claire).

Dans un troisième temps, glacer les parties les plus claires (plus rien ne dégorgera dessus, car les parties foncées, et les dégradés seront déjà glacés.

Une fois que le glaçage est effectué, les crèmages ultérieurs n’auront qu’un effet très léger sur la teinte de la chaussure, car la protection réalisée par la cire glacée est très efficace : la crème teintée ne "prendra" pas sur le glaçage. L’implication est que, si vous n’êtes pas satisfaits du résultat après glaçage, il faudra à nouveau enlever le glaçage à l’acétone pour revenir au cuir non protégé, pour reteindre comme vous le désiriez, avant de glacer à nouveau.

Avant

Après

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