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Blake : la mauvaise réputation

ou : pourquoi acheter du blake ?

janvier 2008, par Sébastien Canevet

Ayant l’esprit de contradiction, et bien que je me sois employé à démontrer que le Good Year est un montage plus solide que le Blake, je vais maintenant m’interroger sur l’origine de la mauvaise réputation du cousu Blake aux yeux de nombre d’amateurs de beaux souliers, dont je fais partie.

-* "Au village, sans prétention,

  • J’ai mauvaise réputation.
  • Qu’je m’démène ou qu’je reste coi
  • Je pass’ pour un je-ne-sais-quoi !
  • Je ne fait pourtant de tort à personne
  • En suivant mon chemin de petit bonhomme."
  • G. Brassens)

Le cousu Blake tient son nom de son inventeur, un Monsieur Lyman Blake qui inventa une machine à coudre suceptible de coudre rapidement la semelle de chaussures à la machine, travail qui se faisait auparavant à la main. Son invention date du milieu du XIX eme siècle, de 1854 exactement.

Outre les aspects techniques, sur lesquels je ne reviens pas, (j’attends toujours un argumentaire cohérent à ce sujet), le montage Blake est souvent utilisé pour simuler un montage trépointe.

En effet, puisque le temps de réalisation d’un cousu Blake est de beaucoup inférieur à celui d’un cousu Good Year, certains fabriquants proposent à leurs clients des souliers Blake avec une fausse couture Good Year, plus prestigieuse.

En voici présenté là :

(Source : http://www.fages-aiglon.fr)

De l’avis générale des différents bottiers consultés à ce sujet, il est parfois impossible de faire la différence sans démonter la chaussure. Il n’en faut sans doute pas plus pour vous coller une mauvaise réputation, d’autant plus que, contrairement au Good Year, le Blake n’est pas étanche à l’eau.

Faut-il pour autant jeter le Blake au feu et ne marcher qu’en Good Year ?

Oui et non.

Oui, car il ne faut pas prendre le Blake pour ce qu’il n’est pas : l’équivalent du Good Year. A ce jeux là, le Blake est sûr de perdre

Non, car le cousu Blake présente certains intérêts : un prix plus faible, une plus grande souplesse, une plus grande finesse.

Si on lui demande de ne faire que ce qu’il sait faire, le Blake est un bon compromis, soit pour des souliers peu sollicités :

* un escarpin de soirée, une belle pantoufle sur mesure (peu portés ou dans des conditions privilégiées)

* un soulier d’été fin et élégant, dont on n’attend pas une trop grande longévité (qui eut coûté bien plus cher à réaliser en Good Year)

Alors le Blake peut parfaitement satisfaire son propriétaire, à condition qu’il sache ce qu’il achète et qu’il l’achète pour ce qu’il vaut.

Messages

  • Mon père était cordonnier et marchand de chaussures (je suis né en 49). Je suis d’accord avec vos propos. Actuellement des marchands de chaussures ne connaissent plus rien. Ils peuvent vendre n’importe quoi, des poulets le lundi, des chaussures le mardi. Il y avait une machine Blake à la maison. Mais je ne l’ai jamais vu fonctionner. Le Good Year c’est excellent !
    mais ça ne se met pas dans la machine à laver !
    Je suis passé chez vous car écrivant mes mémoires, je voulais vérifier l’orthographe de Blake.

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